La coquille

Au XIIe siCoquilleècle, apparaît l’emblème de la coquille de pectens, concha venera, mollusque que l’on trouve en quantité sur les côtes de la Galice et que les pèlerins, au terme de leur périple lorsqu’ils arrivaient au Finistère ou Cabo Fisterra, avaient pour coutume de rapporter comme témoignage de leur voyage. La coquille Saint-Jacques était le signe que c’était un homme nouveau qui rentrait au pays. Ils la fixaient à leur manteau, leur besace ou à leur chapeau, d’où le nom de coquille Saint-Jacques donné par la suite à ces mollusques.

Elle deviendra l’un des attributs reconnaissables du pèlerin, avec le bourdon, la besace et le chapeau à larges bords. En forme de main ouverte elle était utilisée, parfois encore de nos jours, par le pèlerin pour quêter sa nourriture. La coquille fut parfois gravée dans la pierre sur les frontons les chapiteaux des églises. Elle est le plus souvent un ornement architectural sans lien avec Compostelle.

Au tout début de son histoire, la coquille Saint-Jacques n’a jamais été une preuve de l’arrivée à Compostelle, Au commencement du Moyen Âge, les pèlerins étaient de pauvres gens et partaient sans vêtement de rechange. Le retour était très ardu, car les pénitences infligées à ces miséreux par les prélats de Saint-Jacques, consistaient à effectuer sur ce chemin du retour plusieurs fois par jour quelques centaines de mètres sur les genoux. Inutile de préciser que les culottes se trouaient rapidement. Une idée vint à un illustre inconnu d’utiliser les coquilles vides de “Pecten maximus” comme genouillères. Ces coquillages étaient percés de chaque côté de deux trous et maintenus par des cordelettes. Mais la dureté même de la coquille était plus douloureuse pour les genoux que la terre. Cette pratique dura quelques dizaines d’années et on la remplaça par une genouillère de cuir. C’est à partir de cette époque que la coquille perdit de son utilité vestimentaire pour un rôle plus noble, celui de preuve d’avoir été au bout de son chemin. Au fil du temps, les carnets de route faisant leur apparition, ils ne laissèrent à ce fameux coquillage qu’un rôle symbolique. Elle est désormais le symbole le plus fort du pèlerinage.

JMK

Vivre le Chemin

Le départ du matin :

La journée doit débuter par un bon petit déjeuner afin de pouvoir tenir sans fatigue particulière jusqu’à la pause de midi. Il faut accumuler les calories que l’on va brûler ensuite : lait, pain, céréales, yaourt, fruit, oeuf, café, thé, chocolat, confiture, miel, etc.

Le matin, il faut partir tôt, le plus tôt possible. Les kilomètres de la matinée sont les plus faciles : température plus agréable, lumière plus belle. L’idéal est de faire 2/3 de l’étape journalière le matin ; en terminant celle-ci en milieu d’après-midi, on dispose alors de temps et de lumière pour se reposer, visiter le village, discuter avec les autres pèlerins, écrire, etc.

La journée de marche :

La journée est composée de période de marches et de pauses nécessaires pour reprendre des forces ou profiter du lieu. La vitesse moyenne de marche est de 4 km/heure sur le plat compte tenu des périodes de pause courtes et nécessaires pour boire, se rafraichir, observer, etc. Chacun doit trouver son propre rythme de marche et de pause dans la journée sachant que ce rythme va évoluer au fur et à mesure des jours qui passent et de la résistance physique acquise par le corps. Il faut profiter des pauses pour boire et grignoter des produits sucrés faciles à emporter : barres céréales, chocolat, fruits secs, etc.

La pause du midi consiste, souvent, en un pique-nique sorti du sac à dos. Celui-ci doit être facile à digérer et ne pas être trop lourd à porter … Si le temps le permet, il faut profiter de cette pause, un peu plus longue et suivie, éventuellement, d’une petite sieste, pour étaler au grand air les duvets ou sacs à viande qui doivent être aérés régulièrement, les vêtements humides ou trempés, comme la lessive qui a mal séché pendant la nuit.

Il est impératif de boire régulièrement tout au long de la journée. La quantité dépend de la chaleur ambiante et de l’effort à fournir ; prévoir au moins 2 litres par jour. Il est préférable de ne pas boire l’eau des sources que ce soit en plaine ou en montagne (sauf à des altitudes au-dessus desquelles il n’est plus possible que l’eau soit souillée par des moutons). Il faut remplir sa gourde en des endroits sûrs ou bien demander aux riverains de l’eau du robinet.

L’arrivée au gîte :

Si le gîte pèlerin a été réservé, la présentation de la crédencial permet l’identification et la prise en charge par l’hospitalier. Dans le cas contraire, la prise en charge s’effectue dans l’ordre d’arrivée des pèlerins. Après avoir disposé son sac sur son couchage à l’endroit prévu, il faut penser à son hygiène corporelle. Pour ce faire, une bonne douche est bien agréable et de rigueur …

Une des premières activités à l’arrivée d’une étape est de laver son linge pour lui laisser le temps de sécher avant le départ du lendemain. Il est inutile d’emmener sa garde robe, le savon ou la poudre à lessiver pèse moins lourd. Le savon de Marseille peut servir aussi bien à la toilette qu’à la lessive !

Si le gîte fournit le repas du soir, pas de soucis, sinon il faut procéder à l’achat de provisions pour le soir et, le cas échéant, le lendemain. Cette partie de la journée est le moment de rencontre avec les autres pèlerins, de détente et de visites de lieux touristiques. C’est aussi le moment privilégié pour soigner ses petits bobos et participer, éventuellement, à la vie locale. Le repas du soir est souvent pris entre 19h00 et 19h30.

Vers 20h30, le dortoir se remplit et le sommeil ne tarde pas à venir. Attention à ne pas faire de bruit gênant pour les premiers dormeurs. Pour les oreilles fragiles, ne pas oublier les boules Quiès pour atténuer le bruit des premiers ronflements.

La préparation du lendemain :

Les gîtes et les hospitaliers sont souvent en mesure de fournir tous les renseignements pour préparer correctement l’étape du lendemain. Pour définir l’étape, il faudra tenir compte de votre état de santé, des difficultés du parcours, des points d’intérêt du parcours et des lieux d’accueil et d’approvisionnement existants sur le chemin. Le choix du mode de ravitaillement pour le lendemain midi sera déterminé en fonction des points de ravitaillement existant sur le chemin du lendemain matin ; attention au poids supplémentaire apporté dans le sac à dos par les aliments et la boisson.

En cas de grosses fatigues, blessures très gênantes, s’accorder un jour de repos peut être salutaire. Il est bon parfois de ménager son corps et son mental pour profiter au mieux du voyage.

L’alimentation :

Une bonne alimentation est indispensable pour bien réussir une randonnée : Il faut boire beaucoup et s’alimenter en sucres lents à chaque étape.

Le matin : sucres lents (pain, céréales) + sucres rapides (confiture) + boisson chaude.
Au cours de la journée : boire de l’eau et manger des biscuits ou des fruits secs, éventuellement des barres énergétiques.
Le midi : pendant le pique-nique, restez mesuré. A l’arrivée ; une bière apporte des éléments nutritifs intéressants.
Le soir : il convient de reconstituer les réserves énergétiques, faites honneur aux spécialités locales et aux bons petits plats : soupe, pâtes, œufs, poisson séché, jambon, fromage, sardines à l’huile…!

Les besoins après l’exercice :

Que manger et en quelle quantité ? Après l’exercice, il faut procurer au corps l’énergie nécessaire à la reconstitution des réserves de glycogène musculaire et assurer une récupération rapide des muscles. Si l’exercice a épuisé les réserves de glycogène, un apport en glucides de 1,5 g/kg de poids corporel au cours des 30 premières minutes et, ensuite, toutes les deux heures pendant quatre à six heures, suffira à les restaurer.

En effet, pendant les 30 premières minutes suivant un exercice prolongé, l’organisme cherche à refaire ses réserves le plus vite possible et à se régénérer. L’insuline – une hormone anabolisante faisant entrer le glucose du sang dans les cellules – est alors en « rupture de stock » et ne demande qu’à engranger rapidement glucides et protéines.

Parmi les produits susceptibles de combler les déficits nutritionnels et énergétiques, mentionnons les yogourts aux fruits, les céréales, les bananes, les jus de légumes, les craquelins, les fromages, les barres et boissons énergétiques.

Que boire et en quelle quantité ? Pour pallier le déficit en eau et en sels que provoque une activité prolongée, il peut être nécessaire de boire jusqu’à 1,5 litre de liquide pour chaque kilo de poids corporel perdu après l’activité physique. Une boisson sucrée permettra de combler ces besoins et permettra à l’athlète de refaire ses réserves de glycogène. Les boissons renfermant de la caféine ainsi que les boissons alcoolisées ou gazéifiées sont à éviter. Pour savoir si on a suffisamment bu, on peut se fier à la couleur de son urine : si elle est redevenue claire, l’hydratation est terminée.

S’étirer avec précautions : Les étirements effectués après l’exercice sont réputés pour offrir un effet bénéfique sur les muscles et tendons, mais les preuves scientifiques restent à être démontrées à cet égard. Il est généralement admis que les étirements effectués sur une base régulière permettraient de renforcer les muscles et, ultimement, d’améliorer les performances. Après une marche, il est important d’étirer principalement les différents muscles situés à l’avant, à l’arrière et sur les côtés des membres inférieurs (muscles antérieurs, postérieurs et latéraux). L’étirement est réalisé jusqu’au seuil de la douleur sans toutefois avoir mal.

Se refroidir : Lorsqu’on termine une activité physique, il est préférable de ralentir l’activité corporelle pendant quelques minutes en marchant et en respirant profondément. Cela permet d’accélérer l’évacuation de l’acide lactique accumulé dans les muscles, tout en apaisant le système cardiovasculaire. Il faut également faire attention à ne pas prendre froid lors d’une pause ou à l’étape ; se couvrir ou prendre une douche est donc recommandé.

Les bobos du pèlerin :

Affections des pieds et de l’appareil moteur : Les cloques sont de loin l’affection la plus courante du marcheur. La prophylaxie reste la mesure la plus efficace : entraînement à la marche, choix judicieux de ses chaussures et chaussettes; le port de deux paires de chaussettes (une synthétique + une laine) est parfois efficace pour prévenir les cloques. Pour les pieds délicats, l’application d’une large bande de Sparelast aux points de friction s’est souvent révélée utile.

Si malgré tout les cloques surviennent, il est recommandé de les percer à l’aide d’une aiguille munie d’un fil (type à coudre). Placer de la Bétadine à l’entrée et à la sortie du fil (drain). Effectuer des aller-retour du fil pour faire pénétrer le désinfectant dans l’ampoule ou la cloque. Couper les deux extrémités du fil et poser ensuite un pansement stérile. Une autre technique consiste à appliquer un Compeed sur l’ampoule naissante. Il existe sur le marché une autre marque Comfeel qui agit de la même façon ; celle-ci à l’avantage d’être beaucoup moins chère. Elle se présente sous la forme d’une plaquette de 20×20 ou 30×30 cm que l’on découpe à mesure. Ne pas oublier de chauffer la “rustine” avant son application. Il ne faut pas attendre que la cloque soit importante avant de réagir. Dès qu’une gêne apparait, il faut intervenir.

Les tendinites : sont dues à des efforts excessifs ou des chaussures inadaptées (frottement sur le tendon d’Achille). En cas de fortes douleurs, la prise d’un anti-inflammatoire, comme le Voltarène 50mg trois fois par jour peut amener un soulagement rapide. Ce traitement est absolument contre-indiqué chez les personnes qui souffrent ou ont souffert de troubles gastriques (ulcères d’estomac, par exemple).

Les entorses : de la cheville surviennent parfois sur les chemins caillouteux, surtout si l’on ne dispose pas de chaussures montantes ; là aussi, le Voltarène associé à un spray anti-inflammatoire, comme le Sportusal, et une contention par une bande élastique, peut apporter un réel soulagement.

Les claquages musculaires : imposent un repos immédiat, et si possible l’application de glace pour limiter la formation d’hématomes intramusculaires. Le traitement associera, là aussi, Voltarène, Sportusal, bande élastique selon la localisation. En cas de lombalgie (douleur au bas de la colonne vertébrale), un anti-inflammatoire (Voltarène) pourra être utilisé.

Les morsures de serpents : Elles sont plutôt rares sur le chemin car il y a beaucoup de monde qui passe. Le cas échéant, aspirer le venin au moyen d’une seringue aspivenin que l’on peut trouver dans toutes les pharmacies.

Les morsures de chiens : On en parle beaucoup, on voit nombre de chiens, mais les morsures sont plutôt rares. Le bourdon représente la prophylaxie de choix, par son effet dissuasif et surtout par la confiance qu’il donne au pèlerin : celui qui n’a pas peur du chien sera rarement mordu…

Avant le départ, il faut vérifier la validité de son vaccin et, le cas échéant, faire une injection de rappel anti-tétanique. Une morsure de chien sera traitée par lavage, désinfection soigneuse au Merfen et application de pommade antibiotique. Certains médecins recommandent la prise systématique d’antibiotique lors de morsures d’animaux, surtout si elles sont le fait de chats.

Coups de soleil : Toujours du côté gauche en Espagne où l’on devient bicolore!! La prévention est essentielle, par le port d’un chapeau et l’application d’une crème solaire avec un bon indice de protection, surtout au début de votre pèlerinage, si vous partez en été. Les coups de chaleur sont également prévenus par une bonne hydratation, le port d’un chapeau et le repos à l’ombre.

Maladies de la peau : Les plaies infectées ou les ampoules infectées se traitent par une désinfection par la Bétadine. L’intertrigo est une irritation des plis inter-fessier très fréquente lors des marches prolongées et favorisée par la transpiration ; c’est une infection bénigne mais très pénible à supporter. Elle peut être prévenue par une bonne aération. Il est conseillé de prendre une douche et de se laver au savon de Marseille.

Troubles digestifs : Veillez à boire une eau potable aux nombreuses fontaines du chemin, n’hésitez pas à demander de l’eau à l’habitant ou au café du coin. Dans tous les cimetières il y a un point d’eau potable (eau de la ville).

Préparer son départ

Partir c’est bien, arriver c’est mieux …

Un pèlerinage de plusieurs centaines de kilomètres ne laisse pas place à l’improvisation, il est nécessaire de :

  • Déterminer les modalités du voyage : date et lieu de départ, partir seul ou accompagné, avec portage ou non.
  • Se renseigner sur les caractéristiques du chemin choisi : itinéraires, difficultés géographiques, variantes, hébergements, etc.
  • Rassembler le matériel à emporter : sac à dos, chaussures de marche, bourdon, bâtons de marche, vêtements, tente, etc.
  • Collecter la documentation correspondante : guides et cartes du parcours, coordonnées des contacts et hébergements.
  • Obtenir la crédenciale ou créanciale.
  • Se préparer physiquement et mentalement.
  • Choisir et réserver, le cas échéant, les modes de transport (aller et retour).

L’équipement :

Un sac à dos robuste et confortable est nécessaire, la charge transportée doit rester inférieure à 20% de son poids corporel. Néanmoins, il est préférable de limiter le plus possible le poids du sac et de chercher à s’approcher d’une charge maximale (hors eau et nourriture transportées) de 6,5 kg pour une femme et 8 kg pour un homme.

Il n’y a pas de liste type, c’est VOTRE sac à dos ; c’est à vous d’emporter ce qui vous semble nécessaire ou indispensable pour votre confort. Il s’agit d’emporter les vêtements et matériels nécessaires pour :

St Jacques

• s’adapter aux conditions climatiques,
• conserver la meilleure hygiène possible,
• assurer un confort minimal,
• s’alimenter et boire,
• pourvoir aux blessures et problèmes de santé,
• assurer sa sécurité.

Avant le départ, pour le composer (voir un exemple de liste), n’oubliez pas que :

– Le poids est l’ennemi du pèlerin.
– Le vêtement le plus utile est celui qui se met et s’enlève facilement selon les circonstances.
– Privilégier les vêtements techniques, légers, respirants, anti-bactériens et séchant vite.
– N’oubliez jamais que le temps peut changer très vite, surtout en montagne et qu’il est préférable d’avoir trop chaud que l’inverse.
– Pensez à la technique « de l’oignon » et des trois couches : une seule couche en cas de beau temps (tee-shirt), une deuxième quand le temps se fait moins clément (pull ou polaire) et, enfin, une troisième en cas de froid ou de pluie (cape, coupe-vent imperméable).

Un bâton de marche ferré est bien utile dans les descentes et montées, rassurant lors de rencontre avec des chiens agressifs.

Pour certaines personnes, le transport d’un sac à dos est impossible. Un certain nombre de systèmes existe, le plus connu est le Carrix (voir également le site internet du Carrix).

Et, si vous le souhaitez, placez en évidence sur votre sac à dos la coquille en tant que symbole représentatif de votre statut de pèlerin…

L’entraînement physique :

Avant de partir, il faut être entraîné : marches de 20, 25 , voire 30 km réalisées plusieurs fois avec le sac chargé sur le dos.

La feuille de route :

De manière générale, ne pas s’imposer dès le départ un plan de marche rigide, vous devez être prêts à vous adapter aux évènements et à modifier votre feuille de route : état de forme, visite non prévue, difficulté de parcours, mauvaise météo, possibilité d’hébergement, besoin d’assistance, etc.

Il faut envisager de marcher en moyenne 20 à 25 km/jour pour réaliser le voyage sans fatigue particulière ou bobos pénalisants (ampoule, tendinite, malaise, blessure).

L’hébergement :

Sur les chemins les plus empruntés, le GR65 et le camino notamment, il existe de très nombreux hébergements, quasiment une possibilité tous les 8 km, voire même 5 km sur certaines sections. Il est rare, même si la structure prévue est complète, qu’une solution ne soit pas trouvée.

Sur les chemins moins empruntés (ex : la voie de Tours), il est souvent nécessaire de faire appel aux associations et Offices de Tourisme locales pour trouver un hébergement. Il faut donc prévoir avant le départ la liste des numéros de téléphone des organisations correspondantes.

Le budget :

Les gîtes, et autres hébergements en France, sont presque tout le temps des gîtes privés. Les quelques gîtes pour pèlerins sont des structures mises en place par les mairies, les paroisses ou d’anciens pèlerins qui souhaitent aider les pèlerins d’aujourd’hui. Si aucune somme n’est imposée pour la nuitée (“donativo”), laissez une enveloppe dans la boîte prévue à cet effet afin de régler les frais de votre passage.

Sur les chemins les plus empruntés (ex : la voie du Puy-en-Velay), la saturation récurrente des hébergements a pour conséquence de rendre difficile l’accès aux structures d’hébergement économiques. Votre budget dépendra donc du type d’hébergement finalement retenu. En effet, le coût d’une chambre d’hôtel, d’un gîte, d’un camping ou d’une chambre d’hôte ne sera pas le même. Une nuit en gîte d’étape coûte environ 19 €, tandis qu’une nuit à l’hôtel coûtera au moins 30 €.

Il faut donc prévoir, en France, un budget moyen de 35 € pour une demi-pension en gîte d’étape ou pèlerin et de 45 € pour une demi-pension en chambre d’hôte. A ces sommes s’ajoutent une provision de 12 € pour le repas de midi du type pique-nique léger et quelques dépenses de bouche (pot, friandise, etc.).

En Espagne, le coût de l’hébergement et de l’alimentation est moins élevé. Un budget moyen de 30 € peut être envisagé soit 20 € pour une nuit et le repas du soir, 10 € pour le petit déjeuner, le pique-nique de midi et quelques dépenses de bouche… !

La solution la plus économique est d’utiliser une tente, de dormir à la belle étoile ou d’avoir la permission du maire pour utiliser la salle des fêtes, celle du curé en salle paroissiale ou celle d’un fermier pour dormir dans sa grange ou sur son terrain. Dans ce cas, il faut emporter le matériel nécessaire à la préparation d’un repas et prévoir un budget de 16 à 20 € par jour pour les achats de denrées alimentaires.

Revenir :

Au terme de son voyage, sur le chemin ou après être arrivé à Saint Jacques de Compostelle, il faut retourner à la maison. Vous pouvez faire comme les pèlerins d’autrefois et repartir après quelques jours de repos, par le même moyen. Mais si comme beaucoup vous souhaitez rentrer plus rapidement et que personne ne vient vous chercher avec un véhicule, il existe quatre grands moyens de transport pour regagner votre domicile : l’auto, le car, le train et l’avion.

La réservation d’un moyen de retour n’étant, sauf cas particulier, pas envisageable avant le départ, il faut prévoir un peu de temps pour rentrer. L’auto en co-voiturage est la solution la plus économique, plusieurs sites internet permettent de contacter des automobilistes intéressés pour partager avec vous le coût du transport. Le car est une solution peu onéreuse et le train le moyen le plus courant. Les correspondances n’étant pas toujours assurées, les temps d’attente peuvent être longs et vous obliger à trouver un hébergement sur place.

Histoire du pèlerinage

Les débuts

St-JacquesLe pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle est un pèlerinage catholique dont le but est d’atteindre le tombeau de l’apôtre saint Jacques le Majeur, situé dans la crypte de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice (Espagne). C’est un des plus anciens pèlerinages pédestres de l’histoire. Il est parcouru depuis le le IXè siècle par des chrétiens faisant étape dans des monastères.

Faire le chemin de Compostelle, c’est partir de chez soi à pied et marcher vers la cathédrale de Santiago. Au Moyen Age, les routes présentaient bien des dangers, le pèlerinage était accompli en tant que pénitence pour le rachat des péchés, en remerciement pour des grâces accordées, foi ardente, pour remercier Dieu d’un bienfait, expier une faute grave ou présenter une demande de faveurs. 

Jacques, un des douze apôtres du Christ, est le fis de Zébédée, patron-pêcheur sur le lac de Tibériade, et le frère de Jean le futur évangéliste. Peu après la Pentecôte, il part christianiser la terre d’Espagne. Il revient en Palestine quelques années plus tard avec des résultats médiocres. En conflit avec les juifs traditionaliste, il est arrêté et décapité. Ses compagnons embarquent son corps sur un vaisseau et prennent le large pour revenir l’enterrer en Terre d’Espagne. Selon la légende, porté par les courants et les vents, le vaisseau s‘échoue, sur une plage de Galice, près de la ville d’Iria Flavia, actuellement nommée Padron. Huit siècles s’écoulent, Jacques repose en paix près du cap Finisterre.

Tout le monde a oublié sa tombe jusqu’au début du IXe siècle. En 813, des phénomènes surnaturels surviennent : des apparitions de lumières, d’étoiles, dans la nuit au-dessus de la tombe enfouie. Intrigué, l’évêque d’Iria Flavia, Theodemir, fait effectuer des fouilles qui permettent d’exhumer ce que l’on pense être les restes de l’apôtre Jacques, premier martyr de la chrétienté. Aussitôt une basilique est édifiée sur le tombeau et, bientôt, se précipitent les foules accourues de l’Europe entière pour toucher et adorer les précieuses reliques.

Au cours des Xe et XIe siècles, le culte de saint Jacques étroitement lié en Espagne à la Reconquista commence à se répandre grâce à la légende de Charlemagne qui mobilise la chevalerie européenne. Suivant les routes commerciales de leur époque, des pèlerins de Saint Jacques, de tous rangs, mais surtout nobles, ecclésiastiques et marchands se rendaient en Galice du Puy-en-Velay, de Paris, Vézelay et Arles. Le pèlerinage de Compostelle devient ainsi à partir du XIe siècle un grand pèlerinage de la chrétienté médiévale mais il fallut attendre 1884 pour que le pape Léon XIII confirme la reconnaissance des reliques de saint Jacques.

Très vite, la renommée de ce nouveau sanctuaire gagne  toute la chrétienté. Ainsi, le Comte de Vendôme Jean II se rend à Compostelle en 1207 ; il préside à son retour l’inauguration de la chapelle Saint-Jacques pour recevoir les pèlerins et fait édifier dans tout le vendômois d’autres édifices destinés à accueillir et soigner les pèlerins : hospices, maladreries, refuges et monastères.

Aujourd’hui

Depuis, le nombre de pèlerins ne cesse de croître ; aujourd’hui, près de 280.000 pèlerins se rendent chaque année à pied à Compostelle, le plus souvent, en plusieurs fois, par étapes. Ils sont originaires de tous les pays du monde et cheminent le plus souvent à pied, mais aussi à cheval, à vélo. En 1987, les Chemins de Compostelle sont proclamés “premier itinéraire culturel européens”. En 1993, après le Camino Frances, sept tronçons du GR65 ainsi que soixante et onze monuments sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les Chemins de Compostelle

Au Moyen Age, les pèlerins partaient de chez eux, et revenaient aussi à pied, parfois à cheval. Ils se retrouvaient dans des lieux sacrés abritant le tombeau ou les reliques d’un Saint. Progressivement, en France, quatre voies principales se sont dégagées  pour constituer des voies de pèlerinage fréquentées pour aller vers Compostelle.

– La via Turonensis ou chemin de Tours, ville où l’on vénère le tombeau de Saint-Martin. C’est la voie la plus ancienne. Elle part de Paris, passe par Chartres-Vendôme ou Orléans-Blois, Tours, Poitiers, Saint-Jean-d’Angély, Saintes, Bordeaux, Saint-Palais.

– La via Lemovicensis ou chemin de Vézelay où se trouvent des reliques de Sainte Marie-Madeleine passe par  Bourges ou Nevers, puis Limoges, Périgueux, Orthez, Bazas.

– La via Podiensis ou chemin du Puy est la voie actuellement la plus fréquentée. Elle passe par Aubrac, Conques, Moissac, Condom, Orthez, Aire-sur-l’Adour, Navarrenx. 

 La via Arletanensis ou chemin d’Arles où l’on vénère le corps Saint-Trophime passe à St Gilles-du-Gard, Montpellier, St Guilhem-le-Désert, Toulouse, Auch.

De là, un seul chemin conduit à Compostelle, le Camino francès. Les 3 premières via se rejoignent peu avant la frontière, à Ostabat dans le Sud-Ouest de la France, franchissent les Pyrénées par Roncevaux et poursuivent en Espagne par le Camino Navarro jusqu’à Puente la Reina. La 4ème franchit les Pyrénées par le col du Somport et poursuit en Espagne par le Camino Aragonés qui va lui aussi jusqu’à Puente la Reina.

En réalité, il existe en France un cinquième chemin, la voie Littorale qui vient de Bretagne. Encore mal balisée et peu dotée en hébergements, c’est la moins empruntée. Elle rejoint Irun et fait la jonction en Espagne avec le Camino del Norte et le Camino primitivo qui sont les premiers chemins espagnols.