Partir

Pourquoi partir ?

« Il y a de ces voyages qu’on dirait faits pour illustrer la vie même et qui peuvent servir de symboles à l’existence », écrivait Joseph Conrad. Le voyage à Compostelle est un chemin initiatique jalonné de signes et de rencontres, d’épreuves et de joies, c’est aussi une traversée ponctuée, au cours des étapes, par des Rituels de purification et d’enrichissement autour de l’eau, de la terre et du feu.

Cathédrale« Quitter », … Yahvé dit à Abraham : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai … » . Genèse XII, 1. De tout temps le chrétien – à l’image d’Abraham qui a quitté sa terre et des apôtres qui ont tout abandonné pour suivre Jésus – s’est défini comme un homme de passage, un étranger sur terre, un voyageur en marche vers la Jérusalem Éternelle. La pérégrination traduit cette adhésion de la cité terrestre, le croyant s’achemine vers la cité céleste.

« Quitter », c’est à la fois rompre avec le quotidien, se détacher, voir ailleurs, se perdre peut-être pour se retrouver. C’est aussi, s’enrichir de l’autre différent, changer de vie pour la comprendre et mieux l’habiter. C’est finalement faire confiance et cheminer, parfois dans la souffrance, mais toujours dans l’espérance.

Si marcher vers Compostelle, c’est retrouver en soi la trace d’un chemin perdu quelque part dans les méandres de la vie, de sa vie, le pèlerinage reste malgré tout une énigme  qui se résout en avançant (JMK).

Bien moins religieuses qu’autrefois, les motivations du pèlerin sont multiples : quête spirituelle, randonnée culturelle, phénomène de mode, défit sportif, aventure, dépassement de soi ou trek pas cher… A chacun sa réponse !

Prendre de la distance avec le quotidien ?

Cette prise de distance est facilitée par son statut particulier et par le regard nouveau porté sur lui. L’important n’est plus ce qu’il est, mais ce qu’il est en train d’accomplir. De plus, dans sa marche vers l’ouest, en suivant le parcours apparent du soleil, il renoue avec les rêves ancestraux de l’humanité : atteindre le bout de la terre, le Finistère. De fait il porte les inquiétudes et les espérances de son entourage, mais aussi des gens qu’il croise en route. On lui confie bien souvent  des intentions, il fera une prière, déposera un cierge. Porteur de rêves, se dirigeant vers un lieu sacré, il a besoin d’être reconnu et protégé, c’est pour cela qu’il a toujours eu un équipement permettant de l’identifier et de l’accueillir sans risques.

En fait, l’important est de partir …

MaximeAu moment du départ, il restera toujours une part d’ombre sur nos motivations à s’engager dans ce voyage et une incertitude sur nos capacités à supporter les difficultés. Partir à l’aventure, cheminer sur des centaines de kilomètres, s’émerveiller des beautés de la nature, rencontrer les autres, permettront, peut-être, en provoquant une réflexion sur soi-même de trouver le sens de Son Chemin …

L’expérience montre que c’est le fait de marcher, c’est la longueur du trajet (une dizaine de semaines), c’est l’effort demandé au corps et au mental, c’est le grand spectacle de la nature douze heures par jour, ce sont les rencontres avec les autres marcheurs, qui font la spécificité et la beauté du chemin de Compostelle. Les chemins ne manquent pas, chacun peut les parcourir, selon ses possibilités physiques et mentales, en entier ou en partie, en une seule fois ou par étapes. L’important est de se mettre en route et de marcher vers Sa Compostelle. Il n’y a pas de bon chemin, en revanche, il y a toujours, quand on marche sur Le Chemin, détachement, patience, humilité, amitié, partage et tolérance.