Le pèlerinage

Un peu d’histoire

St-Jacques

Le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle est un pèlerinage catholique dont le but est d’atteindre le tombeau de l’apôtre saint Jacques le Majeur, situé dans la crypte de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice (Espagne). C’est un des plus anciens pèlerinages pédestres de l’histoire. Il est parcouru depuis le le IXè siècle par des chrétiens faisant étape dans des monastères. Faire le chemin de Compostelle, c’est partir de chez soi à pied et marcher vers la cathédrale de Santiago. Au Moyen Age, les routes présentaient bien des dangers, le pèlerinage était accompli en tant que pénitence pour le rachat des péchés, en remerciement pour des grâces accordées, foi ardente, pour remercier Dieu d’un bienfait, expier une faute grave ou présenter une demande de faveurs. 

Jacques, un des douze apôtres du Christ, est le fis de Zébédée, patron-pêcheur sur le lac de Tibériade, et le frère de Jean le futur évangéliste. Peu après la Pentecôte, il part christianiser la terre d’Espagne. Il revient en Palestine quelques années plus tard avec des résultats médiocres. En conflit avec les juifs traditionaliste, il est arrêté et décapité. Ses compagnons embarquent son corps sur un vaisseau et prennent le large pour revenir l’enterrer en Terre d’Espagne. Selon la légende, porté par les courants et les vents, le vaisseau s‘échoue, sur une plage de Galice, près de la ville d’Iria Flavia, actuellement nommée Padron. Huit siècles s’écoulent, Jacques repose en paix près du cap Finisterre.

Tout le monde a oublié sa tombe jusqu’au début du IXe siècle. En 813, des phénomènes surnaturels surviennent : des apparitions de lumières, d’étoiles, dans la nuit au-dessus de la tombe enfouie. Intrigué, l’évêque d’Iria Flavia, Theodemir, fait effectuer des fouilles qui permettent d’exhumer ce que l’on pense être les restes de l’apôtre Jacques, premier martyr de la chrétienté. Aussitôt une basilique est édifiée sur le tombeau et, bientôt, se précipitent les foules accourues de l’Europe entière pour toucher et adorer les précieuses reliques.

Au cours des Xe et XIe siècles, le culte de saint Jacques étroitement lié en Espagne à la Reconquista commence à se répandre grâce à la légende de Charlemagne qui mobilise la chevalerie européenne. Suivant les routes commerciales de leur époque, des pèlerins de Saint Jacques, de tous rangs, mais surtout nobles, ecclésiastiques et marchands se rendaient en Galice du Puy-en-Velay, de Paris, Vézelay et Arles. Le pèlerinage de Compostelle devient ainsi à partir du XIe siècle un grand pèlerinage de la chrétienté médiévale mais il fallut attendre 1884 pour que le pape Léon XIII confirme la reconnaissance des reliques de saint Jacques.

Très vite, la renommée de ce nouveau sanctuaire gagne  toute la chrétienté. Ainsi, le Comte de Vendôme Jean II se rend à Compostelle en 1207 ; il préside à son retour l’inauguration de la chapelle Saint-Jacques pour recevoir les pèlerins et fait édifier dans tout le vendômois d’autres édifices destinés à accueillir et soigner les pèlerins : hospices, maladreries, refuges et monastères.

Aujourd’hui

Depuis, le nombre de pèlerins ne cesse de croître ; aujourd’hui, près de 280.000 pèlerins se rendent chaque année à pied à Compostelle, le plus souvent, en plusieurs fois, par étapes. Ils sont originaires de tous les pays du monde et cheminent le plus souvent à pied, mais aussi à cheval, à vélo. En 1987, les Chemins de Compostelle sont proclamés « premier itinéraire culturel européens ». En 1993, après le Camino Frances, sept tronçons du GR65 ainsi que soixante et onze monuments sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les Chemins de Compostelle

Au Moyen Age, les pèlerins partaient de chez eux, et revenaient aussi à pied, parfois à cheval. Ils se retrouvaient dans des lieux sacrés abritant le tombeau ou les reliques d’un Saint. Progressivement, en France, quatre voies principales se sont dégagées  pour constituer des voies de pèlerinage fréquentées pour aller vers Compostelle.

La via Turonensis ou chemin de Tours, ville où l’on vénère le tombeau de Saint-Martin. C’est la voie la plus ancienne. Elle part de Paris, passe par Chartres-Vendôme ou Orléans-Blois, Tours, Poitiers, Saint-Jean-d’Angély, Saintes, Bordeaux, Saint-Palais.

La via Lemovicensis ou chemin de Vézelay où se trouvent des reliques de Sainte Marie-Madeleine passe par  Bourges ou Nevers, puis Limoges, Périgueux, Orthez, Bazas.

La via Podiensis ou chemin du Puy est la voie actuellement la plus fréquentée. Elle passe par Aubrac, Conques, Moissac, Condom, Orthez, Aire-sur-l’Adour, Navarrenx. 

La via Arletanensis ou chemin d’Arles où l’on vénère le corps Saint-Trophime  passe à St Gilles-du-Gard, Montpellier, St Guilhem-le-Désert, Toulouse, Auch.

De là, un seul chemin conduit à Compostelle, le Camino francès. Les 3 premières via se rejoignent peu avant la frontière, à Ostabat dans le Sud-Ouest de la France, franchissent les Pyrénées par Roncevaux et poursuivent en Espagne par le Camino Navarro jusqu’à Puente la Reina. La 4ème franchit les Pyrénées par le col du Somport et poursuit en Espagne par le Camino Aragonés qui va lui aussi jusqu’à Puente la Reina.

En réalité, il existe en France un cinquième chemin, la voie Littorale qui vient de Bretagne. Encore mal balisée et peu dotée en hébergements, c’est la moins empruntée. Elle rejoint Irun et fait la jonction en Espagne avec le Camino del Norte et le Camino primitivo qui sont les premiers chemins espagnols.