Préparer son départ

Partir c’est bien, arriver c’est mieux …

Un pèlerinage de plusieurs centaines de kilomètres ne laisse pas place à l’improvisation, il est nécessaire de :

  • Déterminer les modalités du voyage : date et lieu de départ, partir seul ou accompagné, avec portage ou non.
  • Se renseigner sur les caractéristiques du chemin choisi : itinéraires, difficultés géographiques, variantes, hébergements, etc.
  • Rassembler le matériel à emporter : sac à dos, chaussures de marche, bourdon, bâtons de marche, vêtements, tente, etc.
  • Collecter la documentation correspondante : guides et cartes du parcours, coordonnées des contacts et hébergements.
  • Obtenir la crédenciale ou créanciale.
  • Se préparer physiquement et mentalement.
  • Choisir et réserver, le cas échéant, les modes de transport (aller et retour).

L’équipement :

Un sac à dos robuste et confortable est nécessaire, la charge transportée doit rester inférieure à 20% de son poids corporel. Néanmoins, il est préférable de limiter le plus possible le poids du sac et de chercher à s’approcher d’une charge maximale (hors eau et nourriture transportées) de 6,5 kg pour une femme et 8 kg pour un homme.

Il n’y a pas de liste type, c’est VOTRE sac à dos ; c’est à vous d’emporter ce qui vous semble nécessaire ou indispensable pour votre confort. Il s’agit d’emporter les vêtements et matériels nécessaires pour :

St Jacques

• s’adapter aux conditions climatiques,
• conserver la meilleure hygiène possible,
• assurer un confort minimal,
• s’alimenter et boire,
• pourvoir aux blessures et problèmes de santé,
• assurer sa sécurité.

Avant le départ, pour le composer (voir un exemple de liste), n’oubliez pas que :

– Le poids est l’ennemi du pèlerin.
– Le vêtement le plus utile est celui qui se met et s’enlève facilement selon les circonstances.
– Privilégier les vêtements techniques, légers, respirants, anti-bactériens et séchant vite.
– N’oubliez jamais que le temps peut changer très vite, surtout en montagne et qu’il est préférable d’avoir trop chaud que l’inverse.
– Pensez à la technique « de l’oignon » et des trois couches : une seule couche en cas de beau temps (tee-shirt), une deuxième quand le temps se fait moins clément (pull ou polaire) et, enfin, une troisième en cas de froid ou de pluie (cape, coupe-vent imperméable).

Un bâton de marche ferré est bien utile dans les descentes et montées, rassurant lors de rencontre avec des chiens agressifs.

Pour certaines personnes, le transport d’un sac à dos est impossible. Un certain nombre de systèmes existe, le plus connu est le Carrix (voir également le site internet du Carrix).

Et, si vous le souhaitez, placez en évidence sur votre sac à dos la coquille en tant que symbole représentatif de votre statut de pèlerin…

L’entraînement physique :

Avant de partir, il faut être entraîné : marches de 20, 25 , voire 30 km réalisées plusieurs fois avec le sac chargé sur le dos.

La feuille de route :

De manière générale, ne pas s’imposer dès le départ un plan de marche rigide, vous devez être prêts à vous adapter aux évènements et à modifier votre feuille de route : état de forme, visite non prévue, difficulté de parcours, mauvaise météo, possibilité d’hébergement, besoin d’assistance, etc.

Il faut envisager de marcher en moyenne 20 à 25 km/jour pour réaliser le voyage sans fatigue particulière ou bobos pénalisants (ampoule, tendinite, malaise, blessure).

L’hébergement :

Sur les chemins les plus empruntés, le GR65 et le camino notamment, il existe de très nombreux hébergements, quasiment une possibilité tous les 8 km, voire même 5 km sur certaines sections. Il est rare, même si la structure prévue est complète, qu’une solution ne soit pas trouvée.

Sur les chemins moins empruntés (ex : la voie de Tours), il est souvent nécessaire de faire appel aux associations et Offices de Tourisme locales pour trouver un hébergement. Il faut donc prévoir avant le départ la liste des numéros de téléphone des organisations correspondantes.

Le budget :

Les gîtes, et autres hébergements en France, sont presque tout le temps des gîtes privés. Les quelques gîtes pour pèlerins sont des structures mises en place par les mairies, les paroisses ou d’anciens pèlerins qui souhaitent aider les pèlerins d’aujourd’hui. Si aucune somme n’est imposée pour la nuitée (« donativo »), laissez une enveloppe dans la boîte prévue à cet effet afin de régler les frais de votre passage.

Sur les chemins les plus empruntés (ex : la voie du Puy-en-Velay), la saturation récurrente des hébergements a pour conséquence de rendre difficile l’accès aux structures d’hébergement économiques. Votre budget dépendra donc du type d’hébergement finalement retenu. En effet, le coût d’une chambre d’hôtel, d’un gîte, d’un camping ou d’une chambre d’hôte ne sera pas le même. Une nuit en gîte d’étape coûte environ 19 €, tandis qu’une nuit à l’hôtel coûtera au moins 30 €.

Il faut donc prévoir un budget moyen de 35 € pour une demi-pension en gîte d’étape ou pèlerin et de 45 € pour une demi-pension en chambre d’hôte. A ces sommes s’ajoutent une provision de 12 € pour le repas de midi du type pique-nique léger et quelques dépenses de bouche (pot, friandise, etc.).

La solution la plus économique est d’utiliser une tente, de dormir à la belle étoile ou d’avoir la permission du maire pour utiliser la salle des fêtes, celle du curé en salle paroissiale ou celle d’un fermier pour dormir dans sa grange ou sur son terrain. Dans ce cas, il faut emporter le matériel nécessaire à la préparation d’un repas et prévoir un budget de 16 à 20 € par jour pour les achats de denrées alimentaires.

On peut donc estimer que le coût du voyage est compris entre 1 et 2 € par kilomètre (hors transport) selon le type d’hébergement effectivement trouvé.

Revenir :

Au terme de son voyage, sur le chemin ou après être arrivé à Saint Jacques de Compostelle, il faut retourner à la maison. Vous pouvez faire comme les pèlerins d’autrefois et repartir après quelques jours de repos, par le même moyen. Mais si comme beaucoup vous souhaitez rentrer plus rapidement et que personne ne vient vous chercher avec un véhicule, il existe quatre grands moyens de transport pour regagner votre domicile : l’auto, le car, le train et l’avion.

La réservation d’un moyen de retour n’étant, sauf cas particulier, pas envisageable avant le départ, il faut prévoir un peu de temps pour rentrer. L’auto en co-voiturage est la solution la plus économique, plusieurs sites internet permettent de contacter des automobilistes intéressés pour partager avec vous le coût du transport. Le car est une solution peu onéreuse et le train le moyen le plus courant. Les correspondances n’étant pas toujours assurées, les temps d’attente peuvent être longs et vous obliger à trouver un hébergement sur place.