Charte du pèlerin

Patrimoine de l’Humanité, les Chemins de Compostelle sont ouverts à tous. Le Chemin de Compostelle est un chemin de solidarité sans barrière sociale ou religieuse, un chemin de transformation par le lâcher prise et le dépassement de soi. C’est un lieu de rencontre et de tolérance où il est possible d’entrer en relation et d’échanger avec de nombreuses personnes de nationalités et croyances différentes. Certains parcourent les chemins pour des raisons religieuses, d’autres recherchent le contact avec la nature ou la performance sportive, beaucoup s’interrogent et sont en quête de sens ou à la recherche d’eux-mêmes. La plupart sont tout cela à la fois…

Un pèlerin, c’est d’abord un être humain discret qui considère comme naturelles les contraintes du partage, qui a fait le choix, pendant quelques jours ou plusieurs semaines de se contenter des joies et petits bonheurs du quotidien. Exaltante, cette aventure reste exigeante. Sa réussite dépend de ma bonne volonté, de mon engagement intérieur à vivre à fond ce qui sera et de mon comportement en accord avec l’esprit du chemin.

Quelles que soient les motivations qui t’ont fait prendre le Chemin, c’est à tes actes, à tes paroles, et à tes silences que l’on te reconnaîtra. Tu es conscient que ton attitude a un impact sur le devenir du Chemin et sur l’accueil que recevront les pèlerins de demain. Pour que tout cela puisse exister et se perpétuer, surtout quand il y a du monde sur le chemin, il est nécessaire de respecter quelques règles simples et de bon sens.

C’est pourquoi si tu estimes être un pèlerin :

  • Tu feras le Chemin à pied, à bicyclette, à cheval ou avec un animal de bât.
  • Tu mettras l’indispensable dans un sac à dos pour être libre et autonome.
  • Tu respecteras la propriété d’autrui, la nature et la faune.
  • Tu proposeras ton aide à celui qui est dans le besoin.
  • Tu respecteras les chartes à l’usage des pèlerins et des randonneurs.
  • Tu possèderas une crédentiale ou une créanciale garante de ton statut.

Etre un pèlerin, c’est respecter les autres pèlerins, les personnes qui t’accueillent ou que tu rencontres :

  • Tu n’oublieras jamais d’être courtois et respectueux avec toutes les personnes rencontrées.
  • Tu accepteras ce que l’on te propose et ne formuleras pas d’exigence.
  • Tu téléphoneras pour annuler un hébergement.
  • Tu veilleras à t’intégrer dans la famille d’accueil sans provoquer de gêne.
  • Tu respecteras les priorités dans l’accès aux gîtes (sachant que le marcheur est privilégié).
  • Tu respecteras les recommandations et conseils aux promeneurs/randonneurs de la Charte du Randonneur éditée par la FFR (Fédération Française de Randonnée).
  • Tu t’acquitteras des cotisations requises pour ton hébergement et ta nourriture.
  • Tu participeras aux frais d’hébergement en cas de participation libre (donativo) : celle-ci n’implique pas la gratuité, la contribution peut être généreuse, en argent ou en nature (aide aux hospitaliers, à la bonne tenue du refuge).
  • Tu seras tolérant si parfois ces règles ne sont pas toujours observées, l’expérience du chemin mérite quelquefois quelques désagréments.

Etre un pèlerin, c’est respecter son environnement :

  • Tu respecteras les lieux d’accueil et les usages correspondants.
  • Tu respectas le Chemin et ce qui le constitue : signalisation, monuments, population, environnement.
  • Tu éviteras toute nuisance sonore susceptible de déranger.
  • Tu ne laisseras aucun déchet derrière toi.
  • Pour tes besoins naturels, tu t’éloigneras du chemin et te mettras à l’abri des regards.
  • Tu cacheras ou brûleras étrons et papiers sous une pierre, un peu de terre, de gravillons ou une plaque de mousse.

Le pèlerin est porteur d’une crédentiale ou d’une créanciale selon ses convictions. Ce document nominatif, le passeport du pèlerin, atteste de son statut de pèlerin. Signé par lui, il symbolise son engagement moral à respecter les règles de vie et de comportement du pèlerin, à effectuer son voyage en conformité avec l’Esprit du Chemin tel que décrit ci-dessus. Il ne donne aucun droit au pèlerin qui sera reconnaissant de pouvoir bénéficier des installations et du matériel mis à sa disposition, si modeste soient-ils, ainsi que du dévouement des personnes.

Ami Pèlerin, si TU te reconnais dans le portrait qui précède, alors les AUTRES te reconnaîtront aussi. Tu ne t’es pas trompé de Chemin…
 
Ultreia, e suseia
(aller au-delà et plus haut, toujours plus haut)