Retour de Santiago

Un beau texte proposé par Claude GERAY, membre de l’association Compostelle41 :

« J’attendais la retraite pour partir sur un grand chemin car je voulais partir de chez moi. Ma seule expérience sur les chemins de St Jacques se limitait à la Bretagne (Paimpol/Nantes, Le Conquet/Vannes et le Mont St Michel/Nantes).

Je suis donc parti de Droué (41270) le 27 Mars 2017 avec tout mon matériel de camping et je suis arrivé à Santiago le 21 Mai en passant par le camino del norte. Les deux premières semaines ont été très difficiles, beaucoup de pluie, du froid avec souvent 0° sous la tente et beaucoup de solitude, les soirées dans la tente sous la pluie ont été longues. Je n’ai rencontré que cinq pèlerins de Droué à Irun (deux qui marchaient un WE, deux qui marchaient une semaine au départ de Saintes et un qui faisait Bordeaux/St Jean Pied de Port).

Pour moi, ça n’a commencé à aller bien qu’après Saintes, la météo s’est améliorée et les « indigènes » rencontrés m’ont semblé plus chaleureux… J’ai renvoyé à domicile mon matériel de bivouac en passant à Laboueyre.

J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de monde entre Irun et Bilbao mais après cela s’est calmé, il y a beaucoup de gens qui marchent quinze jours. Je m’attendais à des difficultés au pays Basque et je les ai trouvées moins dures que je ne l’imaginais par contre je ne m’attendais pas du tout à un relief aussi accidenté dans les provinces qui suivaient, j’ai l’impression qu’il n’y a que les deux derniers jours qui étaient faciles (je suis passé par le chemin historique, Trabada au lieu de Ribadéo). Sur cette portion, il y a de toutes nouvelles albergues, quatre ou cinq successives vraiment géniales.

A part quelques albergues municipales un peu délabrées et pas très agréables (de vieilles écoles) je suis très satisfait de ce que j’ai trouvé avec des must comme chez le Père Ernesto ou à la Fereira.

L’arrivée à Santiago est un grand moment de bonheur et d’émotions et la ville historique est superbe, surtout les places autour de la cathédrale ainsi que les petites rues. il y a de la musique un peu partout et les pèlerins qui ont fait un long chemin déambulent un peu hébétés pour ne pas dire ahuris (ça a été mon cas) dans ces endroits d’une autre époque chargées d’histoire. J’ai dormi au petit séminaire, c’est pratique mais ne restera pas un grand souvenir.

J’avais beaucoup marché avec mon sac avant de partir et je n’ai eu aucun problème de santé, pas d’ampoule, pas de tendinite… juste un sac beaucoup trop lourd… en caleçon le matin du départ, je faisais 89 Kg, habillé, avec mon sac, 116 Kg… On apprend de ses erreurs… (au retour, j’ai perdu un peu plus de 10 Kg).

Finalement une fabuleuse expérience ou l’on se dépouille tranquillement du superflu pour ne garder que l’essentiel, manger, dormir, se laver, partager et échanger avec les autres pèlerins, des chaussures aux pieds et un sac sur le dos les hommes sont tous les mêmes (Chez le Père Ernesto, j’étais dans la même chambre que le ministre espagnol de l’industrie et du tourisme…).

L’année prochaine je vais probablement délaisser les chemins de St Jacques temporairement pour enchainer les étapes du Tro-Breizh mais cela est une autre histoire… mais aussi un autre chemin.

Portez vous bien et faites attention à vous.

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